| 2009-Manif 3-10-Alsace |
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| Écrit par AssStopFessenheim | |
| 06-10-2009 | |
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L'Alsace le 04/10/2009 C’est donc de ces gens-là dont on a eu peur. Des milliers de manifestants ont revendiqué la fermeture de Fessenheim, hier à Colmar. C’est donc de ces gens-là dont on a eu peur. De vieux bonhommes avec barbe blanche et sandalettes, des jeunes gens grimés indiquant sur leur tee-shirt que la non-violence est une idée qui fait son chemin, des femmes aux yeux clairs et en jupe colorée… Le contraste était assez violent, hier à Colmar entre les manifestants antinucléaires (3 500 selon la préfecture, 10 000 selon les organisateurs) et le dispositif policier mis en place par les autorités avec CRS, police montée, hélicoptère et bouclage de la ville. Car finalement, comme beaucoup le répétaient, il n’y a ni violences, ni débordements dans les rassemblements antinucléaires qui n’intéressent même pas les fameux blacks blocks. Ce sujet-là, celui de la surdimension du dispositif de sécurité a d’ailleurs largement partagé l’affiche avec celui du combat pour la sortie du nucléaire. Tous les participants l’ont évoqué jusqu’à Olivier Besancenot qui a parlé d’« état de siège » ou Axel Mayer qui a comparé Colmar à Pékin… Mais les organisateurs l’ont répété aux quelques rares qui souhaitaient aller au contact : « On ne doit pas répondre à leur provocation ». Le mot d’ordre a été suivi. Contre le lobby nucléaire Ce rassemblement place de la Gare de Colmar s’est donc déroulé sous le soleil et dans la bonne humeur. Bon casting pour le groupe qui a ouvert l’après-midi, HK et les Saltimbanques de Lille très habile pour chauffer la foule avec leurs chansons engagées où les hommes politiques en ont pris largement pour leur grade. Sur la tribune ont aussi défilé des militants ou politiques allemands, suisses et français pour défendre la sortie du nucléaire et dénoncer le lobby nucléaire et son « VRP de choc Nicolas Sarkozy ». Olivier Besancenot pour le NPA et Élodie Vaxelaire pour le Nouveau parti de gauche ont embrassé le combat écologique avec fougue. Ce qui a fait préciser au sénateur Muller que les Verts étaient présents sur cette lutte depuis bien longtemps déjà. Sous entendu, eux… Comme prévu, le préfet a reçu une délégation, le temps de réceptionner une lettre qui sera transmise à Paris. Lettre dans laquelle est exigé notamment l’arrêt définitif des deux réacteurs de Fessenheim. Mais le moment le plus fort du rassemblement fut le « die-in ». Quand les manifestants ont été invités à mettre leur bâillon et à se coucher au sol pendant qu’une sinistre sirène retentissait dans le silence. Après cinq longues minutes, tout ce monde s’est levé en criant, pendant trois bonnes minutes, son souhait de voir Fessenheim fermer, de voir la planète débarrassée du nucléaire. Et il y a eu aussi une sorte de coup d’éclat qui a fait pâlir quelques personnes chargées de la sécurité. Des manifestants ont réussi à suspendre une gigantesque banderole du haut du bâtiment du Crédit agricole en face de la gare avec ce slogan : « Le nucléaire tue l’avenir ». Vers 17 h 30, les manifestants se sont dispersés gentiment avant les festivités et conférence du soir et d’aujourd’hui. Annick Woehl « La centrale de Fessenheim est la pire de toutes » Les anti-nucléaires réclament de la transparence et dénoncent le tabou entourant la filière nucléaire et la dangerosité de Fessenheim, la « pire de toutes les centrales françaises ». Hier matin, vers 11 h, alors que les premiers manifestants rejoignent le quartier de la gare bouclé à grand renfort de policiers et de gendarmes mobiles, une conférence de presse débute au Cercle Saint-Martin, à Colmar. Axel Mayer, responsable de la Fédération d’associations écologistes allemandes regroupant « 370 000 adhérents », est le premier à s’étonner du dispositif sécuritaire déployé dans le département. « Il y a certainement 100 % de policiers en plus qu’à Berlin où nous étions 50 000 manifestants le 5 septembre. C’est une provocation et le parvis de la gare une souricière ». D’autres comme Jean-Jacques Rettig (Comité pour la sauvegarde de Fessenheim et de la plaine du Rhin) rappelle les risques présentés par Fessenheim dans le cas d’un sabotage ou de catastrophe naturelle. « Les explosions de vapeur ou du mélange hydrogène-gaz provoqueraient la contamination de toute une région ». Sandrine Bélier d’Europe Écologie parle « d’une opportunité d’entamer l’après-nucléaire. Fessenheim pourrait devenir un site pilote de recherche en matière de remise en état du site ». Jacques Muller, sénateur vert, dénonce pour sa part « un système nucléaire non modulable » qui n’a « plus d’avenir dans le cadre européen », l’Europe dans son paquet « énergie-climat » ayant planifié une baisse de 50 % de la production d’électricité d’origine nucléaire. « Le nucléaire est un tabou dans ce pays. C’est aussi un déni démocratique insupportable. Nous réclamons de la transparence » et « le développement d’un savoir-faire pour traiter les sites nucléaires ». Linda Gunter du mouvement Beyond Nuclear (104 réacteurs aux États-Unis) rappelle que la plus ancienne centrale américaine (40 ans) a été programmée pour fonctionner 20 années de plus. Un autre témoignage venant d’un réfugié politique nigérian dénonce la présence d’Areva sur le sol de son pays qui extrait l’uranium à Imouraren. « Ce n’est pas une bénédiction mais une malédiction pour les habitants qui subissent une pollution de plus en plus importante de leur environnement ». J.D.K. |
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