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2011- La centrale de Fessenheim se prépare pour une décennie supplémentaire Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par AssStopFessenheim   
02-05-2011

La centrale de Fessenheim se prépare pour une décennie supplémentaire

L'Alsace de samedi 30 avril 2011

le 30/04/2011 à 00:00 par Textes : Olivier BrégeardPhotos : Thierry Gachon

 

Thierry Rosso, le directeur de la centrale nucléaire de Fessenheim, devant le réacteur n° 2, arrêté  depuis le 16 avril pour un check-up de plusieurs mois.

Thierry Rosso, le directeur de la centrale nucléaire de Fessenheim, devant le réacteur n° 2, arrêté depuis le 16 avril pour un check-up de plusieurs mois.

En plein débat international sur l’avenir de l’énergie nucléaire, EDF maintient le cap : à Fessenheim, les travaux devant permettre de prolonger le mandat du réacteur n° 2 viennent de débuter.

« Il y aura un avant et un après Fukushima », a admis hier Thierry Rosso, le directeur de la centrale nucléaire de Fessenheim, en présentant à la presse le détail de la 3 e « visite décennale » de l’unité de production n° 2, un « check-up » approfondi qui décidera du prolongement de son activité.

Le 16 avril, cette unité — qui comprend principalement un réacteur, trois générateurs de vapeur, des turbines et un alternateur — a été mise à l’arrêt, jusqu’à la fin de l’année. Pendant plus de 200 jours, 80 chantiers vont y être réalisés, pour intégrer les dernières technologies et les « retours d’expérience » — en provenance du site haut-rhinois ou d’autres centrales — et améliorer ainsi la « sûreté » de l’installation, dans le cadre réglementaire, « strict et exigeant », imposé par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

Mais le programme des travaux a été arrêté bien avant l’accident de la centrale japonaise, dont les leçons ne seront donc tirées qu’ultérieurement. Fukushima a cependant poussé le Premier ministre, François Fillon, à réclamer des audits des centrales françaises d’ici la fin de l’année, concernant notamment les risques sismique et d’inondation. « Ces audits amèneront éventuellement des améliorations supplémentaires », souligne Thierry Rosso.

Dans ce contexte tendu, le directeur de Fessenheim a répété hier son message habituel : le souci permanent d’EDF — « l’obsession » — d’assurer la sûreté de ses centrales nucléaires. Ce souci se traduit par d’importants investissements : 200 millions d’euros cette année, 80 millions l’an dernier pour la visite décennale de l’unité de production n° 1, une somme que la direction ne peut chiffrer mais qui dépasse sans doute allègrement le milliard depuis 34 ans…

Alors que les militants anti-nucléaires dénoncent les dangers d’une installation ancienne, voire vétuste, Thierry Rosso insiste, en vertu de ce « processus permanent de modernisation », sur le fait que la centrale d’aujourd’hui n’a plus grand-chose à voir avec celle inaugurée en 1977. À en juger par les questions posées hier par nos confrères, cette volonté inébranlable de préparer l’avenir de la centrale suscite la perplexité des médias allemands, Berlin ayant décidé, pour sa part, de sortir du nucléaire dans les dix années qui viennent.

L’arrivée des écologistes au pouvoir dans le Land voisin du Bade-Wurtemberg ne semble pas davantage inquiéter EDF. Le Land possède pourtant une participation au sein du capital de la société EnBW, qui contribue depuis l’origine, à hauteur de 17,5 %, au financement de la centrale de Fessenheim, en échange d’une part équivalente de sa production électrique.

Sur le même principe, trois sociétés suisses (Alpiq, Axpo et BKW) sont partenaires à hauteur de 15 %. Mais pour l’instant, malgré les déclarations politiques entendues outre-Rhin, ce partenariat ne serait pas remis en cause…

Pendant que les étrangers débattent, les travaux continuent donc à Fessenheim, comme nous avons pu le constater hier (lire ci-dessous).

Prochaine étape : la décision concernant l’avenir du réacteur n° 1, qui doit être rendue par l’ASN d’ici l’été sur la base de la visite décennale achevée début 2010. La balle sera alors dans le camp du gouvernement.

le 30/04/2011 à 00:00 par Textes : Olivier BrégeardPhotos : Thierry Gachon

 
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